
ITALIE - Rome
Trouver les derniers vestiges du vieux port de Rome, le port Ripetta
05/04/2020
Ostie, le plus célèbre port romain... Mais ce n'est de lui dont nous parlerons aujourd'hui ! Saviez-vous que Rome a compté plusieurs ports, à quelques mètres de la ville ? Et notamment le port Ripetta (qui signifie "Petite rive", en opposition au port "Ripa", plus important et situé juste en face).
Une zone portuaire sur le Tibre, depuis l'an 300.
Dès l'an 300, la zone est aménagée pour servir de port. Y débarquent des marchands de grains, d'huile et de bois. Le port garde sa forme rudimentaire pendant une bonne partie du Moyen Âge.
En 1700, le pape Clément XI décide qu'il est temps de réaménager le port et lance un concours à plusieurs architectes. Les deux objectifs de ce projet sont :
- Sécuriser les berges pour que le déchargement soit moins dangereux et plus facile.
- Rendre plus accueillante et présentable la première vue de la ville qui s'offre à de nombreux visiteurs, voyageurs ou ambassadeurs à la rencontre du pape, qui arrivent par bateau.
Pour construire le nouveau port, travail d'envergure tout de même, rien de plus simple : il suffit d'aller se servir au pied du Colisée. Un tremblement de terre a fait tomber au moins 3 arches et il y a donc du travertin (un type de pierre) disponible !
Le chantier dure 4 ans jusqu'à ce que le pape inaugure la nouvelle version du port, bien plus monumentale.
Sa nouvelle forme : deux grands escaliers et une fontaine
Du Tibre partent deux grands escaliers courbes, qui remontent vers la rue, 7 mètres plus haut.
Entre les deux escaliers, un hémicycle, avec une fontaine. Elle sert à abreuver les animaux utilisés pour amener les marchandises du port jusqu'aux entrepôts et boutiques. Au sommet de la fontaine, on ajoute une lanterne en fer forgé qui sert de balise pour les bateaux, la nuit.
Deux colonnes de marbre encadrent la place de la fontaine. Elles indiquent le niveau atteint par les inondations du Tibre. Ce sont donc des hydromètres.
A gauche des escaliers, il y a une douane.
La destruction du port
Le Tibre est un fleuve capricieux et agité, les crues sont nombreuses. En 1870, après une énième inondation, les autorités veulent limiter les dégâts du fleuve en colère et condamnent le port en construisant de hauts murs (appelés muraglioni). De toute façon, il n'était presque plus utilisé depuis l'arrivée du chemin de fer...
Le port est donc tout bonnement... enterré ! Si vous vous rendez donc sur la place Ripetta aujourd'hui, vous ne verrez plus de port... Juste de vastes boulevards, au-dessus d'un très haut mur délimitant le Tibre. Par contre, vous y verrez toujours les colonnes et la fontaine qui ont été sauvegardées, déplacées sur une placette un peu plus élevée. Elles sont les discrets vestiges de ce port.

Les murailles qui remplacent le port

Les colonnes de marbre et la fontaine des Navigateurs de l'ancien port
A trouver : un fragment d'hydromètre
Sur la vieille douane, il y avait aussi un hydromètre, composé de cinq fragments, qui descendait jusqu'au bas des marches. A la destruction de la douane, un seul fragment a été sauvegardé.
Il est désormais scellé dans le mur extérieur de l’église S. Rocco.
Sur ce marbre, on retrouve bien sûr une échelle métrique mais aussi les marques des niveaux de crues atteints par le Tibre. Le record est 19,56 m au-dessus du niveau de la mer, en 1598.
A faire
Après avoir repéré les traces du port, n'hésitez pas à traverser le Pont Cavour et vous rendre sur la rive opposée pour regarder l'emplacement de l'ancien port.
Envoyez-nous votre photo pour la comparaison avant / après ;-)
Source de l'image principale : Pandolfi
Alors, vous avez trouvé les 3 vestiges du vieux port de Ripetta : la fontaine des Navigateurs, les colonnes et l'hydromètre ?
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